L'Église Sainte Agathe

Tout d'abord citadelle romaine, Rumilly fut de tout temps une place forte importante où l'histoire politique et la religion s'imbriquèrent totalement.                              

 

Pour preuve, du 11ème au 15ème siècle, Rumilly (diocèse de Genève) a été à la tête d'un important décanat. Celui-ci correspondait approximativement aux limites des cantons de Seyssel, Ruffieux, Brison-St-Innocent, Albens, Rumilly, Frangy, la Balme de Sillingy jusqu'à Sallenôves (Abbaye cistercienne).

L'église

Déjà en l'an 1100, il existait une église sur ce même emplacement.

Plusieurs fois victime d'incendies et jugée trop petite, elle a été reconstruite et agrandie en 1837 sur ses bases initiales,

tout en conservant la chapelle Saint-Claude du 15ème siècle (style gothique flamboyant) et la partie basse du clocher de style roman du 12ème siècle.

Elle sera consacrée en 1843.

L'église est dédiée à SAINTE-AGATHE, chrétienne née en Sicile, morte martyre en 251 Apr. J.C.

D'emblée le visiteur est frappé par la taille imposante du monument.

Son clocher, typique, est construit au centre de la façade principale et abrite le porche narthex ou tambour.

L'ensemble est de type clocher-porche.

Il se termine par un dôme surmonté d'un lanternon entouré de colonnettes au-dessus desquelles se trouve

un autre petit dôme prolongé de la flèche supportant la croix et le coq.

Entrons dans l'église...

L'église Ste Agathe est de style néo-classique sarde, dernier courant architectural savoyard (1815-1860), la Savoie étant sous l'autorité du gouvernement sarde.

Ernest MELANO, architecte officiel de la Maison de Savoie en réalisa les plans. Elle comporte une nef principale et deux nefs latérales (bas-côtés) possédant

des voûtes en berceau. 

La nef principale, très large, est séparée des bas-côtés par des colonnes doublées. La hauteur de celles-ci doit permettre de laisser passer la lumière provenant des fenêtres en hémicycle. Avec ces grandes colonnes on a sans doute voulu imiter l'architecture grecque ou romaine. 

Les peintures en trompe-l'oeil ornant l'église ont été réalisées par le seul peintre de cette technique en Savoie Laurent BAU, de MORZINE «Elles étaient considérées comme les plus belles du Sud-Est». (R. BOUVET) 

Sur le mur Nord se trouvent : une «crucifixion» en bois, oeuvre du sculpteur local Robert RAMEL, aujourd'hui décédé ; une partie en marbre et le tabernacle de l'ancien maître-autel

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L'orgue a été classé en 1987 aux Monuments Historiques. Régulièrement accordé, il mérite des soins attentionnés. De taille respectable, son buffet mesure 7,4 m de haut, 5 m de long et 2 m de profondeur.

Il est composé de 1094 tuyaux.

Au 20ème siècle son titulaire fut jusqu'en 1990, M. Georges BACHELARD. De nombreux musiciens ont joué sur cet instrument remarquable lors de prestigieux concerts. 

Au-dessus du chœur et à l'avant de celui-ci on découvre, outre des peintures de scènes bibliques, un vitrail représentant la Crucifixion, réalisé en 1874 par un maître verrier lyonnais : PAGNON

Le maître-autel est entouré, au Nord, par l'autel de la VIERGE flanqué de l'autel latéral ST JOSEPH, au Sud, par celui de St FRANCOIS DE SALES flanqué de l'autel du sacré-coeur.

Les fonts-baptismaux sont situés au Nord, au fond de l'église. Ils comprennent une cuve en pierre datée de 1581 sur laquelle sont gravés la Croix de Savoie et l'Aigle héraldique ; un buffet octogonal en noyer exécuté par les frères GILARDI. L'ensemble est surmonté d'une coupole octogonale supportant la statue de «St Jean Baptiste baptisant le Christ». 

En face, sont une pierre tombale (famille MAILLARD de TOURNON) et une plaque scellée rappe-lant la sépulture de Joseph François PERRET d'HAUTEVILLE, deux des plus illustres familles rumilliennes. Face Sud on peut voir les confessionnaux, la chaire et la nouvelle «chapelle de semaine» donnant accès à l'orgue datant de 1880 (Joseph MER-KLIN).

Sortons de l'église par la porte latérale...

Nous longeons la Chapelle SAINT-CLAUDE édifiée en 1414.

Tombeau de la famille de CONZIE, elle sert actuellement de sacristie. Sont encore visibles l'ancienne porte d'entrée ornée des armoiries de cette famille, martelées lors de la Révolution, et une fe-nêtre de style gothique à l'Est.

Cette chapelle a été classée aux Monuments historiques.

Sur le mur, côté SUD, un cadran solaire de grande dimension (6,5 m X 4,5 m) a été réalisé par le Père ARSENE, de l'ordre des Capucins. Restauré en 1855, il porte la devise latine «OMNES VULNE-RANT, UNA NECAT» (Toutes les heures blessent, une tue).